Extrait d'un dénombrement du 28 août 1667 et de l'acte d'échange de 1699
                  Les habitants de Vielle-Aure possèdent, en toute propriété, les montagnes appelées de Beausseplan, Estibère, Aumar, Orédon, Artigusse, ensemble d'un petit quartier appelé Assunce, qu'ils ont acquis des habitants d'Aragnouet, par acte du 3 juillet 1618, confrontant les dites montagnes, du côté d'Orient, aux montagnes appartenant à sa Majesté, appelées "La Rouye de Houssedets", et, de là tirant encore vers Orient, au Pich de Libernau, et montant par le sarrat de Mazouau, jusqu'à la montagne de Cap de Badet, possédée par les habitants de Vignec, et de là , retournant vers occident jusques aux montagnes de Barège et parsans appelés Caplong et Terriet et de là continuant encore vers occident jusques aux montagnes possédées par le sieur de Mon Corneilh, appelées Port-Bielh, Bastan et Montarrouy et vont finir aux montagnes de sa Majesté.
Desquelles montagnes ils font de fief au Roi quatre livres, y compris vingt trois sous qu'ils payent annuellement, à chaque fête de Toussaint, pour le parsan de Sabourès et à la décharge des habitants de Soulan.
(Extrait d'un dénombrement du 28 août 1667)
    Par acte d'échange passé au presbytère de Vielle, le 10 octobre 1699, entre la Commune de Vielle et sieur Jean Carrère d'Aragnouet, La Commune de Vielle céda une partie de ces montagnes au sieur Carrère et acquit en retour les montagnes de Port-Bielh, de Bastan et de Montarrouy que le dit Carrère avait acquises lui même du sieur de Mon Corneilh.
    Les habitants de Vielle donnent en échange les montagnes appelées Artigusse, paret, Orédon, Estaragne, Barane, Baranette et Cap de Long avec leurs dépendances situées, savoir : la dite Artigusse avec Paret, entre les ruisseaux qui descendent du lac de Camou et Beausapla, confrontant avec les montagnes qui restent en propre à la Communauté de Vielle, savoir : au Pich de Libernau, montant par le sarrat de Paret, continuant par la cantère de Cap de Paret, contre la montagne d'Estoudou, continuant en bas par le sarrat qui descend au lac du Camou; toute l'eau versant du côté d'Aragnouet appartiendra en propre au dir sieur carrère. Et, à l'égard des dites montagnes d'Orédon et autres sus-nommées, le dit sieur Carrère en jouira aussi et continuant en haut le long du bord du dit estang jusques au Cap du dit lac, en l'endroit des Prades d'Ailles qui seront aussi comme dessus au dit sieur Carrère, et du dit Cap d'Estang, tout à coup traversant le dit Cap du lac montant à droit fil jusques au Cap de la Pène Trencade où il sera apposé une croix- et de là montant vers l'endroit appelé Houradet, par un bord de rocher jusques au dit endroit de Houradet, en telle sorte que ce qui est dessous vers le midi appelé Litas et Litarets appartiendra aussi en propre au dit sieur Carrère - et depuis le dit endroit de Houradet, tournant tout à coup vers l'occudent et septentrion, droit au cap de la pointe du rocher de Cap d'Aubert, en sorte que toutes les montagnes qui sont à la suite des dites bornes et descendent des dites confrontations jusques aux montagnes de Barèges appelées Hart et Bugarret, celles de Vignec appelées Badet et La lastoude, montagnes d'Aragnouet appelées Bugatet, joignant au sarrat de Mazouau du dit Aragnouet, appartiendront en propre au dit sieur Carrère; lequel aura encore le pouvoir et faculté de faire dépaître le bétail de toute condition à l'endroit appelé Bois de l'Oste, joignant le dit lac du Camou jusques au creux, qui descend des Montagnes d'Aubert.
    Outre le bois de l'Oste, l'acte du 10 octobre 1699 stipule l'indivision des montagnes suivantes:
    Depuis le creux qui descend des montagnes d'Aubert et Médas propres de Vielle, montant par le dit ruisseau jusques au Cap de Courtau, joignant au Cap du Bois de l'Oste, se tournant et montant depuis le premier estang de Médas vers l'occident jusques au Cap des Mails qui sont au Cap du dit Courtau et Litas du dit cap de Bosc, où il sera pareillement planté une borne et gravé une croix, de laquelle tournant et montant vers la pointe du rocher de Cap de Castet, qui servira de limite, bien que le Plan du dit Castet et la colline qui monte depuis les Médas vers le Castet restera en propre à la Communauté de Vielle;
    Mais tout le surplus continant par la longue lisière jusques au Courtau de la Hèche qui est entre le dit endroit de Houradet et la pointe de la roche d'Aubert sera à perpétuité joui par commun et indivis entre la dite Communauté et le dit sieur Carrère.
    De plus, jouiront aussi par commun et indivis un petit quartier de montagne au dessus du Pich de Libernau, par le fleuve de Beausseplan jusques vis-à-vis le ruisseau de l'Aumar, droit au Sarrat de Paret.
    En échange le dit sieur Carrère baille, en son nom et au nom de ses héritiers, aux dits Consuls et habitants de Vielle, les montagnes appelées de Montarrouy, de Bastan et de Port-Bielh et les dépendances joignantes aux montagnes du dit Vielle et telles qu'elles sont limitées et confrontées, qu'il a acquises de noble Arnaud Jean de Sariac de Castets pour, par les dits Consuls et habitants de Vielle, en jouir en propre et à perpétuité, à leur plaisir et volonté, auquel effet les dites parties ont promis et promettent bonne et ferme garantie les unes envers les autres contre tous perturbateurs tant en jugement que dehors; pacte que si les habitants des Nestes avaient la faculté dans les dites montagnes de Montarrouy, de Bastan et de Port-Bielh, à juste titre la Communauté de Vielle sera tenue de les supporter, sauf à elle à les débattre à leur compte et dépens sans en pouvoir rechercher le dit Carrère pour ce regard.

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