L' Isard (Rupicapra pyrenaica pyrenaica)
(mot d'origine basque- izar- "étoile" ,"tache blanche sur le front des animaux", mot prélatin d'origine ibérique, ayant un équivalent en berbère).

Classe Mammifères




Ordre Artiodactyles
Famille Salamandridae
Sous-famille Caprinae

C'est un herbivore ruminant.

Taille : 70 cm au garrot   Longueur :1,10 m   Poids : 24-28 kg pour le male, 20-24 kg pour la femelle.
Age : 7-8 ans en zone chassée, 12-14 en zone protégée. Souvent accidenté (avalanche, lutte).
Durée de la gestation : 5 à 5,5 mois
Naissance : 1 à 2 petits (avril /fin mai).  Poids : 2kg. Ils peuvent suivre la mère quelques heures après leurs naissance .
Durée de l'allaitement : 6 mois.
Maternage : 1 an (jusqu'à la nouvelle naissance). La mère apprend à son petit les dangers de la montagne.
Formule dentaire : I0/3, C0/1, Pm2-3/2-3, M3/3 soit 28 à 32 dents.

   Venus de la lointaine Asie, ses ancêtres colonisèrent l'Europe au cours de la grande glaciation du Riss, il y a quatre cent mille ans. De cette ancienne invasion descendent les populations de Chamois et d'Isards qui peuplent aujourd'hui les massifs montagneux, allant du Caucase aux picots de Europe en Espagne. Leur proche parenté les regroupe dans le genre Rupicapra (chèvre de rocher). Des différences morphologiques et comportementales, propres aux populations de chaque grand massif, permettent de distinguer plusieurs formes géographiques qualifiées de sous-espèces. D'ou deux qualificatifs:     C'est le même que son voisin espagnol, mais plus petit que le chamois des Alpes. Il vit de 800 à 3000 m d'altitude, des pelouses aux glaciers, des forêts aux parois rocheuses, qu'il franchit en bondissant de rochers en rochers. Il a la taille d'une chèvre ordinaire, habillé en hiver de brun foncé, au printemps son poil est gris cendré et en été il devient fauve clair. En toute saison une ligne noire s'étend le long du dos jusqu'à la queue. Une bandelette de même couleur descend de l'œil vers le museau. Une tête courte, de grands yeux fauve doré, le dos droit qui semble inégal du fait de touffes de poils sur le garrot et sur la croupe. Deux écharpes noires, allant de la nuque au poitrail améliorent sa livrée. Son ancêtre est l'antilope.

   Chez les deux sexes, la taille est la même. Le mâle ne diffère de la femelle que par des formes plus robustes. Sa mue est plus contrastée que chez la femelle. Les cornes noires et brillantes à la partie supérieure, mâtes à la base, sont sillonnées dans leur longueur de fines stries parallèles. Elles sont minces et recourbées à l'extrémité. Chez le mâle elles sont plus fortes à la base et s'écartent beaucoup à la partie supérieure, tandis que chez la femelle, elles sont plus grêles, et leur écartement est moindre. De légères annelures qu'elles portent vers la base servent à déterminer l'âge. Elles ne tombent pas. Elles poussent jusqu'à 4 ans.

    En cas de danger, l'Isard émet un sifflement, en d'autres circonstances c'est un bêlement bas et sourd et parfois une sorte d'aboiement.

    Ses poumons volumineux, un cœur gros de 350 grammes (celui d'un homme de 70 kilos ne pèse que 280 grammes) et un sang riche en globules rouges, lui permettent en quelques minutes, de franchir en hauteur, un millier de mètres (alors que pour l'homme il lui faudra 2 heures).

    Il vit en "hardes",menée par une vielle femelle stérile, pouvant compter plusieurs dizaines d'individus, se composant de femelles, de leurs petits et de quelques mâles (segailh," qui suit"), qui peuvent se défaire au gré des circonstances.

    Les vieux mâles appelés "soulec" en patois, préfèrent la solitude. Au temps du rut (de novembre à janvier), ils rejoignent les troupeaux de femelles pour se reproduire. Il font une guerre acharnée aux jeunes mâles. Une étroite crinière érectile, appelée "barbe" augmente le volume de leur flanc pour impressionner leurs rivaux. Les femelles qui n'ont pas été fécondées lors de leur première période de chaleur redeviennent réceptives 3 semaines plus tard. Males et femelles se séparent après la saison des amours.

    L' Isard demeure en basse forêt de l'étage montagnard aux hautes pelouses de l'étage alpin, (2800 m max.) ceci en fonction des saisons (pelouses alpines, rochers isolés en clairière, hêtraie sapinière, forêt épaisse, etc. ...). En été, il commence à se nourrir avant l'aube, profitant ainsi de la rosée. Sauf en période de sécheresse, on voit rarement un isard en train de boire dans un torrent. En hiver, il perd de 25 à 40% de son poids suite aux épuisants déplacements dans la neige pour trouver la nourriture.

    Il peut marcher sur des pentes abruptes et des plus malaisées, de même qu'il s'arrête dans des endroits incommodes, parvenant à s'agripper aux rochers de façon surprenante, grâce à la conformation de ses pattes. Mais il n'égale pas dans ce domaine, son cousin le Bouquetin. La base des sabots est souple et moelleuse, comme si elle était revêtue de caoutchouc; par contre, le bout des sabots est extrêmement dur de sorte que l'Isard se cramponne aux aspérités. De plus, chacun des sabots peut s'écarter et est mobile, ce qui lui permet de s'adapter à la conformation de son point d'appui. C'est ainsi qu'il peut s'appuyer sur huit points différents. Une peau interdigitale lui facilite la progression sur la neige.

Approche :
    Les meilleures époques d'observation se situent au printemps ou à l'automne. En été, le matin de bonne heure et le soir à partir de 5 heures. Parfois une harde demeure, durant la journée, au parc à moutons rive droite du ruisseau avant les granges. Ils sont visibles à l'œil nu du chemin. Visibles aussi sur les pentes herbeuses et clairières en bordure de la forêt de sapins. Il n'est pas besoin de marcher pendant des heures pour les voir. L'attention est de rigueur.