HISTOIRE

    Toponymie      hypothèse : Moudang vient du latin MADIDUS --> lieu humide, sol mouillé. Effectivement la vallée est bien drainée : 21 ruisseaux en eau en toutes saisons et 15 occasionnels.
    Il existe aussi deux mots gascon MOUDACOÙS --> lieu humide, marécageux, boueux (B. et J. J. Fénié), et MOUDÈRE ---> humidité.
    L'abbé Gaurier pensait à l'existence d'un fond lacustre, à l'emplacement des granges, derrière un barrage d'éboulis ou de déjections torrentielles, alimenté par les ravines de Garlitz/Cuneille.

                                 hypothèse : de TRANS, au-delà, et MUDA, émigrer, émigrer au delà, donne Mudatran ---> Moudang ( M. Bérot).

                                 hypothèse : de MALUS ANGUSTUS, mauvais lieu (Abbé Dupierris).


    Origine
    Le Moudang, appartenant au village de Tramezaïgues, fut cédé par Bertrand de Fumel vers 1303 sous réserve de certaines charges et redevances, (entretien du château par ex.).

    Hier     Les zones foraines constituaient naguère une mise en valeur agropastorale, malgré l'accès long et difficile. Les pacages du Moudang ont une qualité exceptionnelle et sont renommés du bord de la Garonne jusqu'à l'Èbre. Son règlement ne limite pas le nombre de bêtes en gazaille que les habitants peuvent introduire sur les pâturages.
     La forêt (hêtre et sapin) fournissait des arbres pour la Mâture,"... bois aux filaments très fins, assez flexibles, très durables, peu noueux, éternel, peu sujet au ver, s'il est fait de Lune ..." disait le Comte de Ségur en 1751 au sujet de la forêt du Moudang. Le 3 Juillet 1710, B. Jouanin obtenait la concession de la forêt du Moudang "...pour fournir 400 jumelles, à raison de 100 par an pour la construction du radoub des vaisseaux du Roi...". L'exploitation de la vallée du Moudang représentait 50% de la subsistance du village en 1845.
     L'économie est fondée sur l'exploitation collective des pâturages d'estive et des forêts datant du XIII° siècle. On trouve sur les "Règlements communautaires de Tramezaïgues" datant de 1507, les zones et dates de fréquentation des pâturages.
    Les prairies sont situées à l'extrême limite des zones de fauche. Le foin était stocké dans les granges. Il était descendu dans la vallée en automne. La période des fenaisons amenait un séjour prolongé des agriculteurs du village, souvent accompagnés des membres de la famille. L'entraide était de rigueur. Parfois le soir l'accordéoniste de la vallée faisait danser tout le monde.
     A partir du 12 Mai, les propriétaires, à tour de rôle, (ou un berger) gardaient le troupeau de vaches, l'empêchant de pâturer dans les prairies à foin. La vie pastorale s'étendait du 12 Mai au 7 Septembre, parfois prolongée jusqu'au 12 (Art.2 des Règlements sur la vaine pâture).
     Une étude d'un projet de route vers l'Espagne datant de 1861 n'aboutit pas.


    Aujourd'hui     Actuellement, suite au déclin agricole, l'entretien des bâtiments n'est plus une priorité. Cette situation  se traduit par un abandon de la fauche, de l'entretien des prairies, et des sentiers. D'ou risques d'érosion par abandon de l'entretien des rigoles d'irrigation, propagation des friches, et risques de feu. La présence d'un troupeau de moutons race Tarasconnaise assure le pacage des prairies autour des granges. On remarque l'absence de friches et d'arbrisseaux envahisseurs.

    Divers    En 1602, le syndic des consuls de Tramesaigues, appelant devant la sénéchaussée d'Armagnac du juge ordinaire de la vallée d'Aure, est en conflit avec Jean Dupéré, lieutenant du capitaine du château de Tramesaïgues, qui avait pris trois brebis et chevreaux « à ung estranger du royaulme d'Espaigne, qui avoict admené et paistre ung troupeau dans la montaigne de Modan, apartenant aux habitans, auquel estranger ledit sindic a satisfaict de la prime dudit bestailh pour n'ocasioner les estrangers de discontinuer de venir herberger dans ladite montaigne ». Le sénéchal interdit au capitaine du château de Tramesaigues d'exiger aucun droit sur les habitants qui mènent paître le bétail sur la montagne de Moudang et lieux circonvoisins qui sont francs et quittes de ce droit, et sur le bétail étranger il n'a droit, conformément à la coutume, qu'à une tête, à son choix, autre que le bélier, mouton ou brebis, appelé esquerade, par chaque troupeau et cabane, encore que le troupeau soit divisé en plusieurs cabanes et appartienne à plusieurs maîtres.
Source : ADG B26 f° 517
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