Le Port du Moudang 2495 m
que les Espagnols appellent Port de Tringonier
Croix 325

       Situé, entre le pic Marty Caberrou à l'ouest et à l'est des crêtes du pic de Lia, le port du Moudang a un profil  pratiquement horizontal. L'abaissement le plus  marqué est à 2 495 m. La frontière n'est pas ici donnée par la ligne de crête, mais plutôt par un dos longitudinal  se relevant, assez fortement vers l'Est au proche Pic de Lia (2 782 m), un parcours pentu (schistes bleu-noir en minces menus éclats). C'est le passage emprunté par le  HRP vers le Rioumajou. A l'Ouest en direction des crêtes de Moudang et du Pic Marty Caberrou, plus éloignés et plus escarpés, on trouve une mini vallée frontalière encombrée d'ardoises.
        La croix de démarcation, numéro 325, est à une vingtaine de mètres à l'Ouest du sentier sur un petit roc très bas.
       Au Sud, en Espagne, s'ouvre tout de suite un vallon à versants dessinant un V très évasé. C'est là l'origine du Barranco Trigoniero, d'où est issu le nom espagnol du col, Puerto de Trigoniero (francisé en Tringonier dans la Convention de 1863).
Le sol est uniforme, parfois quelques pointements rocheux rappellent la présence de la structure du sous-sol. Les zones de part et d'autre de la frontière ont une végétation maigre. Il est évident que le port n'était pas fréquenté par les troupeaux sauf peut-être pour se désaltérer (présence de sources au pied du pic d'Arriouère). 
       Du côté de la France au Nord  un palier, au début duquel dort à 2 368 m un lagon (en eau au printemps) que longe le sentier. Descendant lentement ce palier s'arrondit en "montagne" pastorale de Lia, pour aller s'arrêter vers 2 368 m avec encore un laquet, à un rebord qui domine le cirque où naît 600 mètres plus bas le ruisseau de Chourrious, affluent de la Neste de Moudang. Nous trouvons en contre bas de la frontière les pacages d'altitude qui jadis furent affermés par les Aragonais. Temps où été pratiqué les échanges : troupeaux aragonais venant en été en France et ceux d'Aure allant hiverner dans le bas Aragon.
        On pense que ce port servait de passage au minerai espagnol venant du quartier du Pic Mener sur la crête entre Urdiceto et Trigoniero. En 1709, les miquelets passèrent ce port et descendirent dans la vallée du Moudang qu'ils trouvèrent déserte.

        Schrader disait de ce port ".. la vue est insignifiante vers l'Espagne." Nous ajouterons qu'il ne faut pas s'arrêter là, et continuer vers le pic d'Arriouère. Le plus dur à été fait.

Source : document de J. Sermet ADHP F398).


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