Liaison routière vers l'Espagne

Importance d'une route en Vallée d'Aure :
C'est pour la vallée d'Aure une situation exceptionnelle du fait qu'il y a le plus de villages et des plus peuplés dans l'espace compris entre la ligne de faîte et une parallèle menée à 40 km au nord. C'est là aussi que l'on trouve les plus anciens établissements de tissages et de filatures.
C'est dans cette partie de la chaîne où se trouve sur les deux versants les plus belles forêts et que l'on rencontre d'une part la Neste et d'autre part la Cinca les deux seules rivières pour le flottage qui commence dans l'intérieur de la montagne.
Et des relations existent d'un côté à l'autre de la frontière : présence de forges au pont du Moudang qui n'ont pu être alimentées que par des minerais espagnol ; emploie de laines espagnoles dans les filatures d'Ancizan ; fréquentation des pâturages français.


Projets : Plusieurs tentatives pour établir une communication avec l'Espagne : Le projet par le Moudang :


L'Ingénieur Celler n'a pas été rebuté par les descriptions effrayantes faites par ses prédécesseurs des vallées d'Aragnouet et du Moudang.

     Analyse du 1°projet : Son tracé fait ressortir sa supériorité sur les tracés de Lefranc/Courtines  : souterrain moins long, 2675 m au lieu de 2835 m, altitude plus basse 1710 m au lieu de 2066 m donc enneigement réduit (1 m à l'entrée du souterrain seulement une année sur quatre).
Le chemin ne part plus du pont du Moudang mais continue par la Rn 129 passe au-dessus des hameaux de Gaillas, Méjabat et Fabia pour traverser la  Neste de Couplan et se développer dans la vallée de la Neste d'Aragnouet de façon à arriver sur le versant gauche de la gorge du  Moudang à une altitude de 1300 m (à la limite du premier pylône). De là la route se continue à flanc de coteau et à une assez grande hauteur au dessus du fond de la vallée, mais sans grandes difficultés, sauf sur un tronçon de 600 m où on rencontre un rocher très incliné, presque à pic où la route devra être retenue en déblais ou établie en corniche. Le passage des couloirs d'avalanche se fera par galerie couverte en charpente et restant à jour du côté opposé à celui par où vient l'avalanche. Le seul ouvrage d'art est un pont sur le ruisseau d'Héchempy au-dessus des granges.  Délai de fabrication entre Guchen et l'entrée du souterrain estimé à 3 ans. Le souterrain demanderait 3 ans. D'où une perte de 6 à 7 ans. C'est pourquoi il est envisagé d'avoir une solution intermédiaire qui permettrait d'avoir une communication facile entre les deux extrémités de ce souterrain.

     Analyse du 2°projet : C'est un tracé partant de l'entrée du souterrain et passant la chaîne à ciel ouvert avec une pente de 8%, de façon à abréger le parcours dans les points situés à de grandes altitudes. Solution moins coûteuse que la construction d'un souterrain. La largeur de cette voie est limitée à 5 m y compris les rigoles et parapets. Sa longueur est de 9940 m côté français. Cette voie pourra servir à connaître le transit qui s'établira entre la France centrale et l'Espagne. Une rectification du lit du ruisseau de Chourrioux s'impose pour établir un lacet.

     Conclusion : Le 5 août 1861, approbation de l'avant projet entre Guchen et les granges du Moudang sous réserves de quelques modifications.
Le 12 août 1865, le projet est ajourné.
Plusieurs faits on empêché la réalisation de ces travaux :
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