Toponymie :
   Cette vallée est aussi nommée, sur des vieux actes, "Rieumajou", en particulier dans l'acte ci-dessous. Aujourd'hui, désignée sous le terme de "Rioumajou" de Riou ---> ruisseau et Majou---> majeur, principal, terme.


Formation :
   Vallée formée par l'action glacière au quaternaire et par la forte érosion des eaux cheminant entre des versants abrupts.

Situation :
   Vallée, qui s'enfonce le plus au cœur des Pyrénées vers l'Espagne, débutant par 2 cols frontières  d'Ourdissetou  2400 m, point le plus bas de la crête frontière des Pyrénées centrales, et du Plan  2457 m. Elle aboutit au village de Tramezaïgues alt. 960 m au nord. Deux larges plages, en son centre à Frédencon, confluent avec le ruisseau de Péguére, et à l'Hospice, zones propices aux pacages.

Titre de propriété délivré le 27 avril 1457.
   Pour relever de ses ruines l'hospice, Jean V d'Armagnac concède aussi les forêts aux communautés de St Lary et de Sailhan par acte du 27 avril 1457, à charge pour celles-ci de " ... restaurer et d'y entretenir feu allumant, huile, vinaigre, sel et autres aliments, d'entretenir chemins et ponts jusqu'aux cols sur un parcours de 3 lieues ... "


   Acte se déclinant sur 8 pages en latin. Une traduction faite par un prêtre en 1881 est visible ici.

Acte de l'afferme de l'hospice de 1817.
   Cet acte du 29 juin 1817 se décline en 12 articles.
   Il y a souvent des remises en cause des délais de payement, parfois des suppressions. Le contractant est souvent reconduit sur plusieurs années.


Traitement de la fièvre jaune au Rioumajou.
   Suivant une ordonnance royale datée du 27 septembre 1821

Estives particulières :
   Les troupeaux de l'abbaye cistercienne de Bonnefont avaient des estives particulières en 1221 qui se trouvaient dans les montagnes d'Aure. L'estive de Rioumajou, donné par Bernard de Jussan en 1190, située dans le haut vallon de ce nom.
   Un acte de 1189, fait état d'un troupeau de 1500 brebis, et l’estive de Rioumajou était destinée ad oves et ad animalia pascua ( pour le pacage des ovins et des animaux).
   En 1216, Guilhem d'Aure fut condamné à payer à l'abbaye cinq cents sous toulousains pro deterioratione ovium monasterrii (pour l’accaparement des troupeaux du monastère).
   Pour atteindre ces estives, les troupeaux monastiques, venant de la plaine de la Garonne (environ de St Gaudens), suivaient les vieux chemins des serres et les « pouches » qui convergeaient à la lande de Bouc (plateau de Lannemezan), où en 1300 les cisterciens acquirent d'Agnès de Bigorre leurs derniers pâturages.

Source : ADHP O 91-Higounet

Délation :
   Jey l'hounur de denoncer a mr Ladjouint au maire de la Commune de St Lary un beuf apartenant a nicolas fourtine Larouy de tramezaigues pour pétre sur la montagne pendant quelque temps.
St Lary le 30 mai 1831.


Faits divers :
   A -
 1675 : le 10 mai, Jean MONET, âgé de 39 ans, est mort au Port de Rieu-Majou, accablé "d'un torrent de neige". Son corps a été enseveli le 19 au cimetière de Sailhan.

   B -   Rapport de la Gendarmerie Nationale à Fabian du 28/5/1938 de l'Inspecteur de police spéciale GABASTON :
  "Ce jour est rentré en France par le Col de la Gela 8 réfugiés espagnols (3 hommes, 4 femmes et 1 enfant) ainsi qu'un déserteur de la 43ème Division. Ils ont été dirigés sur St-Lary dans l'après-midi.
  Le même jour est passé à Fabian vers 19 h. 4 jeunes espagnols allant faire leur service militaire à la 43° division.
  La marchandise ci-dessous est sortie de France dans le courant de la journée : 236 mulets transportant 53 bidons d'huile comestible, 83 sacs d'effets d'habillement, 2 sacs de cuir, 179 caisses de boîtes de viande en conserves, 34 sacs de morue, 36 sacs de caoutchouc, 5 sacs d'avoine et 4 fromages."
- (Source : ADHP 4 M242).

   C -   Lettre du Chef d'Escadron au Capitaine commandant du groupement du G.R.M. à Arreau le 28/6/1938 :
      Le capitaine commandant le groupe G.R.M. à Arreau a rendu compte qu'il existait une quantité considérable de cartouches d'infanterie entre l'Hospice du Rioumajou et la frontière. 20.000 cartouches déjà récupérées.
Il en existerait encore 80.000. Les paysans ne veulent plus louer les ânes et les mulets qui pourraient être utilisés pour le transport de ces munitions (travail pénible).
- (Source : ADHP 4 M239)

   D -   Rapport de la Gendarmerie Nationale de St-Lary le 28/9/1938 :
      Une lettre de VERDOT Louis gendre de SOULANS Amboise, tenancier de l'Hospice du Rieumajou, qui signale que son beau-père SOULANS avait été victime du vol de 20 moutons par les soldats franquistes.
      Le 18/10/1938 à 17 h. PERE Armand et BARRERE Jean, gendarmes à pied à St Lary ont entendu SOULANS Antoine 71 ans propriétaire à Estensan actuellement tenancier de l'Hospice du Rieumajou, né à Estensan le 2/2/1867, fils de feu Bernard et de AREN Dominiquette, au sujet du vol de 20 moutons par les soldats franquistes.
- (Source : ADHP 4 M239).




Réflexions de Chausenque en 1833 :
   «Péguère doit être surtout visité par le botaniste. Je ne connaît point de montagne, où les plantes sous-alpines, division qui comprend les plus remarquables par leur port et leur beauté soient en une telle profusion. Il semble qu'une main soigneuse s'est plus à y semer toutes celles qui croissent sur les hauteurs moyennes des Pyrénées »
... de Henry Russell en 1874 :
   «A cinq kilomètres au nord de l'hospice de Riou-Mayou, en arrivant aux cabanes et au pont de Peguère … on voit s'ouvrir à droite … Un vallon très boisé, borné et dominé par une montagne d'une hauteur et d'une masse écrasantes, sur la cime de laquelle on aperçoit, même à l'œil nu, une petite tour c'est le Batoua ; il est tout noir, et on dirait une muraille monstrueuse de métal, qui semble épouvanter le ciel. Il a la forme d'un lion couché, mais menaçant, dont la tête est à gauche (au nord-est) et la queue au sud-ouest ; entre elles, là crête se cambre de la manière la plus gracieuse, et tout le long du précipice qui tombe sur le val de Péguère, se dessinent de grandes rides qui simulent parfaitement la crinière."
Ceci à propos du pic de Batoua (3034 m).
... et d'Emile Pouvillon (1840-1906), déclarait après une excursion au Rioumajou, où il but une eau d'une incomparable limpidité:
   «... Ne sommes-nous pas ici au pays des miracles?
La source
[non précisée] n'ira pas à Paris, pas même en bouteille ... Mais pourquoi Paris n'irait-il pas à la source? Pourquoi la naïade de l'Hospice n'aurait-elle pas la même fortune que ses illustres voisins de Barèges ou de Cauterets. Si âpre, si déserte soit-elle, la gorge du Rioumajou n'en est pas moins une voie de pénétration indiquée par la ligne ferrée qui, tôt ou tard, traversera les Pyrénées Centrales."
Mais ce Monsieur ne fut pas tendre quant à la description de l'hospice.
Retour