En Vallée d'AURE.
          Les Tours à signaux ou de guet, existaient encore en 1863, complètement disparues aujourd'hui. Construites aux XI° ou XII° siècles, restaurées ou remanies au XIV°.
Il serait absolument inutile de dire ici que nos tours ne sauraient être confondues avec d'autres ruines, celles de moulin à vent par exemple,(les moulins à vent sont absolument inconnus, il n'y en a jamais eu). Il est naturel de croire qu'à l'époque féodale elles ont dû servir en permanence, puisqu'à tous moments il importait de surveiller ses voisins,de se garder des incursions de bandits et routiers de toutes espèces.

Situation :
          Toutes ces tours sont sur le bord des vallées et ne s'élèvent pas jusqu'au sommet des pentes. Cela se conçoit, les populations qu'elles étaient destinées à protéger habitaient les vallées accessibles; c'est là qu'étaient les richesses et les troupeaux, toutes les routes y passent, et, pour peu que la tour put dominer ces routes, le but était rempli. Si elles eussent été sur des points plus élevés, elles n'auraient servi à rien. De là on pouvait voir ce qui se passait dans le fond de la vallée. Elles se voyaient entre elles et pouvaient ainsi facilement, à l'aide de grands feux, échanger nuit et jour des signaux. De tout temps, nous le voyons, l'homme a senti le besoin de veiller autour de lui, et, selon les circonstances, d'appeler au secours par les moyens les plus rapides dont il pouvait disposer. Du haut de la plate-forme, abrités derrière les créneaux, des hommes faisaient le guet, tandis que d'autres montaient la garde sur le chemin de ronde (quand il y en avait).
Description :
          Nos tours sont quadrangulaires et non cylindriques.
Elles étaient munies d'armes et de vivres, gardées par une milice fournie par les Comtes eux-mêmes ou par les Communautés qui en avaient la charge en vertu de privilèges particuliers octroyés par les seigneurs. En général, la seule porte d'accès, placée au-dessus du niveau du sol, à une hauteur moyenne de 5 à 6 mètres, (Tramezaygues ?) se fermait à l'aide d'une porte épaisse assurée à l'intérieur par une forte barre transversale s'enfonçant, de chaque côté de l'embrasure, dans l'épaisseur du mur. La plupart de ces tours n'avaient point de chemise protégeant le chemin de ronde. Aussi, aux moments de danger, les diverses plates-formes précédant d'ordinaire ce chemin étaient défendues, ainsi que le chemin lui-même, par de fortes palissades. En cas d'attaque, la petite garnison se trouvait-elle trop pressée par l'ennemi, elle battait en retraite, montait rapidement l'échelle, la tirait après elle à l'intérieur, barrait la porte et défendait la place par les diverses archières et du haut des créneaux. En même temps, on faisait des signaux d'alarme pour appeler du secours.
L'intérieur de ces tours était divisé en plusieurs étages séparés de simples planchers accessibles au centre ou latéralement, un orifice dans la voûte ou le plancher, et, à l'aide d'échelles volantes, les hommes faisaient le service intérieur, ou, à l'aide d'un treuil montaient ou descendaient, selon le besoin, les munitions ou projectiles de toutes espèces. Une voûte supportant une plate-forme à créneaux formait d'ordinaire la couverture de ces tours. D'autres avaient pour couronnement des charpentes munies de hourd avec archières et machicoulis.
Au rez-de-chaussée, on emmagasinait les armes, projectiles et munitions de toutes sortes. Les autres étages servaient de logement au capitaine du poste et à la garnison.


Sources : Maurice GOURDON, Revues du Comminges et Ramond.




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